Ces jours-ci, on découvre Benny et ses complexes capillaires. En quoi cette intrigue vous amuse ?
Je la trouve légère, assez drôle, mais elle raconte aussi quelque chose d’intéressant sur les complexes. On a parfois tendance à penser qu’ils concernent surtout les femmes, alors que les garçons sont aussi concernés. Ce que j’aime, c’est que le complexe de Benny n’existe pas forcément dans le regard des autres. C’est lui qui se trouve un problème. Les auteurs ont pas mal poussé cette intrigue et il va lui arriver des trucs assez marrants.
Vous êtes aussi auteur et metteur en scène. Comment abordez-vous ce type d’intrigue ?
J’essaie d’avoir un regard uniquement d’interprète sur ce qu’on me propose, sans faire de comparaison avec ce que j’écris moi-même, qui est très différent. Je trouve assez jouissif de passer du théâtre ou d’un cinéma d’auteur à une fiction très populaire, qui possède aussi de grandes qualités et notamment ce pouvoir de rassembler énormément de monde. J’aime plonger dans des univers différents. Il n’y a pas de jugement à avoir là-dessus.
Benny va également se retrouver face à un dilemme professionnel à l’hôpital…
Il va être question d’erreurs médicales graves dont Benny est témoin. Il se trouve face à un cas de conscience professionnelle.
Sa relation avec son frère est-elle désormais apaisée ?
Disons que quelque chose de plus profond va se jouer entre eux. J’adore Gabin Visona. C’est un super acteur, vraiment. On peut jouer des scènes de comédie et, en même temps, aller chercher des moments beaucoup plus intimes.
Vous venez de présenter votre premier court métrage, Shiv’ah, au Festival d’Angoulême. De quoi s’agit-il ?
Il a été présenté en sélection officielle, j’étais trop content ! C’est l’histoire des premières vingt-quatre heures d’une shiv’ah, cette période de deuil de sept jours dans la tradition juive. On suit une famille laïque qui se retrouve à respecter ce rituel et qui s’interroge sur son sens. Mais, surtout, ce sont un père et ses deux enfants qui vont essayer de se reparler après que leur monde s’est effondré.
Vous développez également un long métrage adapté de votre premier spectacle autobiographique, 66 jours…
Oui, on devrait bientôt le tourner. Le film parle avant tout de la famille et de l’émancipation d’un jeune garçon qui, “grâce” à sa maladie, un cancer, va commencer à accepter la mort de sa mère. Ça va aussi permettre à son père et à sa sœur de respirer. La maladie est finalement davantage un cadre qu’un sujet central. Ce qui m’intéresse, ce sont les rapports familiaux.
N’est-ce pas difficile de vous replonger dans cette période de votre vie ?
Pas tant que ça, parce que je ne garde pas de ce cancer le souvenir d’un combat. Je garde surtout en mémoire ce qui a changé dans ma vie, notamment dans ma relation à mon père et dans mon rapport à la mort. J’ai perdu ma mère quand j’avais 14 ans et ça m’a évidemment beaucoup marqué. Encore aujourd’hui, tout ce que j’écris et tout ce que je fais parle un peu de ça.
La famille et le deuil sont des thèmes qui traversent toutes vos créations…
Effectivement. J’ai présenté Zoé et maintenant les vivants, au théâtre, qui parle du deuil et de la vie d’après. J’ai aussi mis en scène un texte autour de Maria Schneider, qui aborde la réparation. Et ma prochaine création, consacrée au Red Star, parle encore des liens familiaux, du sport comme sentiment d’appartenance et de la relation à mon père. Il y a toujours quelque chose qui me travaille autour de la famille et du lien aux autres. Je pense que je continuerai à écrire là-dessus toute ma vie, à différents endroits.
Votre père, le journaliste Claude Askolovitch, est-il associé à vos projets ?
Il me suit, il m’écoute, il me fait des retours. Mais c’est vrai que mon prochain spectacle parle beaucoup de lui ! Il est passionné de sport et notamment du Red Star. Quand je lui ai annoncé que je voulais faire un spectacle sur ce club, il m’a répondu que c’était son club et que je lui volais son sujet ! (Rires.) J’ai trouvé que c’était un super point de départ pour raconter notre relation.
Il aimerait même monter sur scène avec vous ?
C’est son grand truc en ce moment : il veut jouer dans le spectacle ! Moi, je refuse ! (Rires.) Mais il fait partie intégrante de cette histoire. Après la mort de ma mère, il est devenu beaucoup de choses dans ma vie. Ce spectacle, c’est aussi une manière de raconter ça.
Quand pourra-t-on découvrir ce spectacle ?
On va le créer début décembre à Narbonne, avant de le présenter au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, en janvier. Ensuite, on devrait notamment passer par Martigues, Istres, Grasse et Draguignan.
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